ENRIQUE Jorge : dans les règles de l’art…

Si j’étais critique d’art, je qualifierais de postmoderne la démarche de Jorge ENRIQUE. On perçoit en effet dans son travail de l’abstrait, de l’informel, du conceptuel et de l’expérimental, tant de courants artistiques en lesquels il pioche des éléments pour en produire d’autres qui lui ressemblent et qui donnent du sens à son message.

metallica

D’une idée sortie de l’art abstrait, l’artiste crée des espaces qui, de par ce qu’ils sont étrangers à tout phénomène visible, entrent dans l’esprit du visiteur-spectateur-contemplateur et le nourrissent de leur évocation mythologique. Ainsi en est-il du Labyrinth, technique mixte sur aluminium, par lequel l’artiste se dévoile et nous propose un miroir, cet objet qui nous renvoie à nos contradictions et à la difficulté de trouver notre place…

labyrinth

S’inspirant ainsi de l’art informel, Jorge ENRIQUE fait de la matière picturale, le véhicule d’un contenu intérieur. Il y a ici quelque chose de métaphysique, quelque chose qui se dematérialise sous nos yeux, et ce, tout en faisant corps avec une surface métallisée qui se trouve à la fois grattée, polie et vernie. Car il faut en effet le dire : Jorge ENRIQUE peint sur du métal avec une peinture automobile qu’il enduit par la suite de résine epoxy. Ainsi en est-il de Farewel Minautore en lequel les quelques couleurs élues tournoient sur une surface aluminium de façon libre et presqu’aléatoire, expression des strates les plus profondes du moi, abolition du contrôle rationnel de soi.

je men fous

L’attrait pour l’abstraction et le formalisme rapprochent Jorge ENRIQUE des partisans de l’art conceptuel. Mais si il donne de l’importance à l’idée qui réside derrière l’oeuvre, l’art faisant pour lui office de langage, il n’abandonne pas pour autant son apparence objectale. On perçoit en effet un travail sur la matière, qu’elle soit peinture ou support. La ville étant son réservoir, Miami pour être précis, il y puise des métaux, tout autant que des formes et des textures de surface. What lies below illustre cette pratique expérimentale de l’art. Dans un chromatisme restreint (noir, gris, blanc, rouge) et une géométrie calculée, l’artiste y réalise une emprunte de la ville, ce concept de vie qui envahit pas à pas la planète.

what lies below

Jorge ENRIQUE n’est pas un jeune premier, et ça se voit. Postmoderne, il l’est au sens où il maîtrise les règles de l’école, ou disons plutôt des écoles, mais il l’est surtout parce qu’il prend de la distance vis-à-vis d’elles et qu’il les sublime dans quelque chose de différent et de singulier.

A ce titre et parce que je suis philosophe avant tout, je qualifierais de kantien le génie de cet artiste, le génie étant pour Kant, ce par quoi la nature donne ses règles à l’art. Jorge ENRIQUE produit des règles, plus qu’il n’en reproduit et n’en applique. C’est par ce qu’il est, qu’elles sont ce qu’elles sont, et nous avons ici une très belle illustration de ce que sont des règles en art.

www.jorgeenrique.com

www.galeriewaltman.com

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