BEBERT Vincent – Galerie Susse Frères – Paris 1er

IMG_1723

Paysage savoyard

Il fallait choisir un modèle, et Vincent BEBERT a choisi des champs, des collines, des montagnes, des arbres aussi. D’autres y verront des rivages et des océans, la thématique terrienne pouvant en effet prendre le large, surtout quand on sait que l’artiste voit aussi des montagnes dans les ciels orageux des bords de mer. Toujours est-il qu’il a pris tout ce que la nature a de vertigineux et d’éperdu, peut-être pour mieux s’y perdre, et il a bien fait!

 

Par ce face à face quelque peu agité avec la nature, pour ne pas dire tempétueux, il se distingue de son maître et ami Alexandre HOLLAN, plus emprunt de sérénité dans sa représentation du végétal…

Le chene d'Hollan II, 2015

Le chêne d’hollan 2

Quittant son atelier pour aller peindre sur le motif, sans autre filtre que toutes ces résonances extérieures (et peut-être intérieures aussi), il puise dans la matière picturale les moyens de représenter ce qu’il tient à sortir du visible, ce qu’il veut donner à voir de ce qu’il voit, et ce faisant, il propose une peinture cailloutée de pigments, des mélanges d’huile et de tempéra grasse ou de gouache et de tempéra maigre, élaborations au potentiel profond et intense sur papier marouflé, auxquelles s’ajoutent de la terre et de l’eau de pluie, le plein air y participant ! En se superposant, les couches de peinture créent des paysages inondés de mouvement et de forces qui s’entrechoquent, des empâtements subtils à la texture pierreuse, des centres de gravité qui se déplacent au fur et à mesure que nous nous en approchons ou que nous nous en éloignons. Ces médiums donnent au travail de Vincent BEBERT une consistance extraordinnaire, une revanche en relief sur nos plates attentes de la peinture…

Paysage nocturne alpin, 2015

Paysage nocturne alpin

D’où vient la beauté de cette démarche, si ce n’est de ce « sentiment de bon » que l’artiste expérimente face à ces espaces régénérateurs, ces étendues pleines de ressources qu’il retranscrit avec réalisme et vivacité ? Et d’où vient que ces pièces ainsi produites nous touchent autant, ou nous « affectent » tant, pour continuer à employer les termes de Spinoza (L’Ethique), si ce n’est qu’elles incarnent une médiation vers ce qui nous habite au plus profond et nous secoue au plus haut point : nos états d’âme et leur respiration parfois si volcanique?

Galerie Susse frères – Paris 1er

Vincent BEBERT – Galerie Prodromus -Paris 11ème

Vincent BEBERT – Maison des Arts d’Antony
IMG_5966IMG_5966IMG_5952

Vincent BEBERT : « Joli texte !! ça me touche, oui c’est ça… la nature est Salvatrice »

Françoise PRUDHAM : « Merci Amélie de me faire savoir ce que vous écrivez en matière d’art. C’est pour moi, toujours à la fois réjouissant et source de nouvelles connaissances. »

Laura TENDIL : « C’est très bien senti tout ça ! »

 

Un commentaire

  1. Leon · février 25, 2017

    Texte intéressant qui questionne autant que la peinture de Vincent Bebert. Et je rebondis sur « l’affect Spinoziste en reprenant cette phrase trouvée sous la plume de Julia Kristeva dans « Le féminin et le sacré ». « Il s’agit… de déchiffrer non pas les signes mais les précurseurs, les non-encore visibles, les « wei » (c’est à dire les infimes), etc. – nous expliquera mon ami, le sinologue François Julien ». Vincent Bebert fatigue la peinture pour atteindre une légèreté que ressentira celui qui regardera sa toile.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s