Zao Wou-Ki – MAM Paris

640_zao_wou-ki_traversee_des_apparences_1956_collection_particuliere_dennis_bouchard_zao_wou-ki_c_adagp_paris_2018_en_72

Traversée des apparences (1956)

Il y a de l’expressionisme abstrait dans le travail de Zao Wou-Ki. La « Traversée des apparences » est à ce titre éloquente. Peintre chinois né en 1920 et ayant vécu en France de 1948 à sa mort en 2013, Zao Wou-Ki s’affranchit de toute représentation. Il pose en aplat des couleurs qui se foudroient. Ils dessinent des lignes plus ou moins floues qui se brisent. Ses huiles sur toiles portent l’empreinte de son geste et de ses outils. Elles figurent l’abstraction gestuelle caractéristique de l’expressionisme américain, mais contre toute attente, elles n’ont rien d’informel.

En effet, le travail de Zao Wou-Ki est loin des monochromes de Pierre Soulages. Zao Wou-Ki pratique la technique du dessin à l’encre de Chine et superpose de fluides idéogrammes sur ses lourds empâtements. Formes allusives sur fond monochrome à l’huile : une belle alliance de la peinture chinoise et de la peinture occidentale.

Que dire de cette pointe figurative ? Une nostalgie peut-être, un attrait pour la peinture impressionniste certainement. Ainsi s’explique cette résurgence du paysage qui se découvre par la suite dans le travail de Zao Wou-Ki. Elle le conduit, sans exclure les gris et les noirs, à user des couleurs spectrales du soleil : bleu et jaune en particulier. « Le vent pousse la mer » ou « Hommage à Claude Monet », fruit d’une poétique des jardins et de l’eau, semblent faire une révérence au maître des nénuphars : lumière, couleurs, résonnances et vibrations, tout y est !

640_zao_wou-ki_le_vent_pousse_la_mer_2004_collection_particuliere_dennis_bouchard_zao_wou-ki_c_adagp_paris_2018_en_72

Le vent pousse la mer (2004)

Zao Wou-Ki – L’espace est silence

Exposition jusqu’au 6 janvier 2019 au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris